Trop vieux pour voyager ?

trop vieux pour voyager

Alors voilà, je viens d’avoir 30 ans, je n’ai pas de CDI, pas de « chez moi », pas d’enfant, pas de chien et je ne suis ni marié, ni riche.

Je ne rempli aucun des critères de réussite de notre société actuelle. Suis-je en train de rater ma vie ? Beaucoup le pensent !
Faisons donc un point.

Comment en suis-je arrivé à cette situation ?

Avant tout, il important de préciser que c’est un choix, ce n’est pas une situation subie.

Cela insupporte encore plus les personnes de mon entourage : « Sérieux ?! t’as refusé un poste à P&G à Genève ! Mais t’es fou, tout le monde rêve de travailler là bas ! ».

C’est vrai, j’en rêvais aussi. Je rêvais d’avoir un super poste dans une boite internationale, une belle carrière et gagner beaucoup d’argent pour bien vivre, être « heureux » et honnêtement, montrer aux autres que j’ai réussi ma vie.

Mais finalement j’ai évolué… et mon ancien rêve est devenu mon cauchemar.

Assez vite, en écoutant et en observant le monde qui m’entoure, je me suis rendu compte que cette vie rêvée ne me rendrait jamais heureux. Au contraire, je serai éternellement insatisfait, désireux d’avoir toujours plus. 

Si j’avais opté pour cette vie, je savais que mon environnement m’aurait transformé et je serai devenu une personne oubliant les principes humains pour avoir comme principale préoccupation, l’augmentation de son pouvoir d’achat (en caricaturant un peu mais l’idée est là).

Quand on est conscient que notre système de surconsommation, de manipulation de masse, de pseudo démocratie et de répartition des richesses, a comme conséquence l’anéantissement de notre biodiversité, l’anéantissement de la planète telle qu’elle était il y a un siècle et une vie de servitude misérable pour des milliards d’humains, il n’est pas possible d’avoir une vie commune et faire semblant que tout va bien.

Cela fait-il de moi un gaucho ? Loin de là, ces clivages politiques me fatiguent ! La politique telle qu’on l’entend de nos jours, m’apparaît comme une vaste supercherie.

Alors, pourquoi voyager ?

Je vais énumérer point par point pour que cela soit le plus clair possible.

  • Egoïstement, nous avons fait le choix de vivre pour nous. En voyage nous nous sentons bien. Toutes ces émotions, ces aventures et découvertes sont devenues une « drogue ». Une drogue que je juge bien plus saine que les principales drogues sur terre : l’argent, le pouvoir et le sexe.
  • Voyager maintenant pour connaître notre planète avant qu’il ne soit trop tard. Effectivement, nous sommes plutôt pessimistes concernant l’avenir de la vie sur Terre. Entre les espèces animales qui disparaissent et les merveilles du monde qui sont détruites (soit par le changement de climat, soit directement par la main de l’Homme), plus on attendra, moins le monde sera beau à voir.
  • Nous ne sommes pas prêts à avoir une vie routinière et passer le reste de notre vie au même endroit avec les mêmes problématiques. Ma mère s’est battue pour me donner vie, il est hors de question que je gâche cette chance en devenant un simple esclave du système moderne.
  • Comprendre, en allant sur le terrain, comment et pourquoi notre monde est ce qu’il est. Cela permet également d’avoir une vision différente de celle qu’on a depuis que nous sommes nés.
  • Réveiller quelques personnes en partageant tout cela sur internet, et pourquoi pas, participer à une certaine forme de (r)évolution mondiale.
  • Si nous en avons l’envie, finir par nous installer vivre où nous nous sentirions fait pour vivre, peu importe la situation géographique.

Nous sommes tous différent, et ce mode de vie « normal et déjà tout tracé », n’était pas fait pour nous.

La pression sociale

C’est la partie la plus difficile dans ce choix de vie. Nos proches et moins proches, ne comprennent pas notre choix et surtout, certains ne l’acceptent pas.

Au niveau de la famille, ma mère a fini par accepter mais les débuts furent très compliqués car elle se faisait énormément de soucis, ce qui est normal. Avec le temps et les heures de conversations, une mère peut tout accepter de ses enfants et son soutien est primordial.

Mon frère, quant à lui, est tout mon opposé. Il a une très bonne carrière professionnelle, une famille, une maison et son petit cocon communautaire. Il est très intelligent, cultivé, comprend beaucoup de choses, mais, il n’arrive pas totalement à accepter mon choix de vie, malgré qu’il me dise que si. Je le vois à travers des petites réflexions, tel que « ce serait bien que tu commences à payer des impôts ». Mais bon, ce n’est pas grave car il reste présent, je sais qu’il s’inquiète et il n’essai pas de me faire changer d’avis.

Toujours dans la famille, des échos peu élogieux me parviennent parfois. En commençant par le surnom « Tanguy » car quand je suis repassé en France travailler, mettre des sous de côté pour repartir plus vite, j’ai logé chez ma mère. Il est dit également que je suis un irresponsable, que je ne pense pas à ma retraite, que je suis immature, rêveur, etc.

Au niveau des amis, c’est très simple, nous avons renouvelé la plupart de nos groupes d’amis. Nos vies diffèrent trop.

Certains se sont simplement éloignés, d’autres se sont énervés de nous voir « inconscient concernant l’avenir ». Peu sont encore présent, merci à eux 😉

Un de mes meilleurs amis a choisi la voie de la carrière professionnelle et nos styles de vie, totalement différents, nous ont éloignés. Lui pense à ses futures vacances dans un hôtel de luxe, à sa promotion, à sa future montre, etc. Tout ceci ne m’intéresse plus vraiment et nous sentons bien un malaise quand nous discutons, nous sommes vraiment sur deux mondes différents.

D’autres amis ne comprennent pas que nous ne pensions pas à notre retraite, que nous n’investissions pas dans un appartement ou une maison.Ils pensent que nous sommes inconscients et c’est devenu un sujet de dispute. Au delà de ces incompréhensions, nous sommes de plus en plus différents, nos délires n’ayant plus rien en commun.

Cependant, nous avons rencontré beaucoup de personnes lors de nos voyages et certaines sont devenues de véritables amis. Malgré les distances, les liens sont toujours très forts et l’entente parfaite.

Enfin, les autres personnes du quotidien. Certains nous jugent.

Par exemple, j’ai appris qu’une personne faisait courir le bruit que je « profitais du système » car j’allai demander le chômage pendant que je voyage… « Fake news » !! J’ai travaillé, mis de l’argent de côté et c’est tout. Les gens peuvent même devenir méchant, mais clairement il ne faut pas que cela nous touche. Je pense que leur vie ne les rend pas heureux, qu’ils s’ennuient (quand tu ne t’ennuis pas, tu vas pas te mêler de la vie des autres) et qu’ils sont peut-être jaloux de cette liberté et de ce courage d’avoir dit « merde » à cette vie 😉

A 30 ans, est-ce que je commence à regretter ?

Autant être directement clair, je ne regrette pas du tout. Je considère avoir fait le bon choix même si ce n’est pas facile à tenir sur le long terme.

Pendant les coups de mou, les périodes difficiles, il est facile de se dire « si je me posais… j’aurai mon taff, ma paie à la fin du mois, mon petit chez moi où je me sentirai comme dans un cocon, etc ». Puis je pense aux rares moments posé de ma vie. Cet ennui qui s’installe petit à petit, ces tout petits problèmes qui deviennent des problèmes principaux si importants, cette sensation de vivre dans une pièce de théâtre ou pas grand chose n’est vrai… Bref c’est vrai que ce serait plus simple mais qu’elle souffrance au quotidien. Surtout, qu’aurais-je accompli lors de cette vie ? Des enfants ? Oui c’est vrai c’est cool mais c’est la nature même de chaque être humain. L’achat d’une maison ? Super, j’ai travaillé 20/30 ans de ma vie pour la rembourser et mes enfants devront en repayer une partie s’ils veulent la récupérer. S’ils ne se déchirent pas entre eux… Finir ma vie tranquillement avec ma retraite ? Rien de moins sûr pour notre génération !

Certes, je ne suis expert dans aucun domaine de compétence mais je connais beaucoup de choses sur tellement de domaines différents.

Je sais que je peux être considéré comme financièrement pauvre en comparaison d’un trentenaire occidental, mais je pense avoir tellement plus vécu, je me suis enrichi intérieurement, et cela n’est pas fini. J’ai vécu et vu des choses que très peu de monde vivra sur cette planète. L’argent ne pourra jamais acheter cela.

Je ne regrette pas cette différence, malgré le prix à payer…

Suis-je un cas isolé ?

Suite à un post dans le groupe Facebook Voyages Sac-à-dos … » backpackers », j’ai eu l’agréable surprise d’avoir une myriade de réactions de personnes dans le même cas.

Voici quelques réactions :

« Je vais bientôt avoir 30 ans et je ne compte pas m’arrêter de voyager, peu importe ce que les gens pensent. Ce n’est pas toujours évident c’est sur mais tant qu’on est heureux ! On ne vit qu’une fois, faut en profiter et faire ce qu’on aime plutôt que de se plier à ce mode de vie imposé par la société (cdi, maison…) 🙂 »

« A 20 ans j’avais un bon boulot et je gagnais bien ma vie pis j’en ai eu marre de tout ça. A 33 ans j’ai pris mon sac à dos, mon mari et un billet d’avion aller simple et ça fait 13 mois qu’on parcourt le monde et non on ne sent pas vieux et oui la société essaie de nous faire rentrer dans le droit chemin. Mais on s’en fout ! D’ailleurs on rencontre beaucoup de trentenaires dans le même cas…  »

« Patience, patience, c’est un mauvais moment à passer 🙂 … J’ai bientôt 60 ans et tout le monde est bien content de voir que je voyage encore… Tout vient à point à qui sait attendre 🙂  »

« Et pour les femmes, on te voit comme une looseuse car tu n’es pas accomplie en tant que femme et même une femme à part entière si tu n’as pas d’enfant et un mari… c’est rétrograde. Peu importe tes réalisations personnelles et ton indépendance. A 25 ans, il faut que jeunesse se fasse, à 35 ans c’est que tu as un problème psy, pour certains qui ne comprennent pas, et que tu es instable… Difficile de faire comprendre que l’enrichissement spirituel des voyages nourrit plus que l’enrichissement matériel d’une vie posée au même endroit, que c’est ce qui nourrit parfois un être humain  »

« 60 ans et encore jeune dans le cœur et
souvent seule en route sur toute la planète 😉  »

« Cette histoire d’âge c’est juste une pression de la société qui veut que tu fasses les choses dans un certain ordre, et si on voyage c’est en quelque sorte pour troubler cet ordre alors continue bien fort les voyages  »

« Effectivement, tu commences à te rider…
Nan plus sérieusement, peu importe, ils s’y feront, l’important c’est que si tu ressens l’envie, le besoin de continuer, alors continue, que tu as 28 ou 30, peu importe, c’est qu’un nombre, tu as toujours la forme, alors pourquoi te priver de faire ce que tu as envie ? Continue de vivre ta vie comme tu l’entends, et la « maturité » citée là est idiot, car voyager apporte beaucoup de bonnes choses, une grande maturité, une ouverture d’esprit, s’ouvrir aux autres, apprendre chaque jour, et au lieux de rêver de ta vie chaque jour comme beaucoup, tu vies ton rêve, et ça c’est badass  »

Ma conclusion

Nous ne sommes jamais trop vieux pour voyager. Peu importe les critiques que l’on reçoit, peu importe le jugement et le regard des autres, même des plus proches, faites ce que vous voulez de votre vie !
C’est la votre. Et la vie vaut-elle vraiment la peine d’être vécue si ce n’est pas pour être heureux et être soi-même ?

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About the Author: Nicolas

Tout nouveau trentenaire depuis août 2018, j’ai acquis, au cours de ma vie, des compétences en import/export, en webmarketing, en commerce et bien sûr en blogging. Avant So’Colas et notre année chilienne, j’ai été en Chine, en Italie, en Angleterre, en Espagne et Suisse.
Je fais partis des personnes qui deviennent fou avec une vie routinière, j’ai un humour spécial et j’adore OSS 117 avec Jean Dujardin.
Contrairement à Sophie je suis très peu expressif et je ne connais QUE le second degré.
J’aimerai changer ce monde (c’est un concours de miss France ici ?) et rien de tel que de le découvrir et le faire découvrir de manière différente que les « agences de voyages » ou tout est beau.

1 Comment

  1. Répondre laurence

    Bonjour Nicolas!
    Intéressant ton article ,la question n’est pas l’âge du voyageur mais plutôt comment il voyage…si tu as décidé de vivre simplement avec peu de biens matériels en gagnant juste de quoi voyager car c’est cela qui te rend heureux ,tu as bien raison de le faire!Mais on peut aussi avoir une vie avec un boulot ,des enfants, un mari et partir très souvent en voyage!! c’est juste des choix de vie ! nous on se sent jamais autant VIVANT que quand on voyage! on a commencé en duo ,puis à 4 avec les enfants puis ados et maintenant on continue …avec des potes ! on a tous la cinquantaine plutôt active 🙂 du coup j’en ai fait un blog : celui des enthousiastes voyageurs ! bonne continuation sur la belle planète!

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